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Trilogie syncopée Automnale

D 4 novembre 2014     H 17:30     A stephane     C 0 messages


Un été bien riche en pluie et autres averses en tous genres nous laisse un peu sur notre fin en matière de vol moyenne et haute montagne.
C’est sans compter sur les inattendus caprices positifs de Dame météo qui va savoir nous gratifier d’un automne somptueux avec des périodes sans vent propices à quelques réalisations bien rares.

Mon ami Peter a beaucoup de temps libre ces temps ci, ça tombe bien, j’en ai pas mal non plus ; on va donc s’employer à occuper un ami, c’est là le but exclusif de tout ce qui suit car nous n’y avons vraiment pris aucun plaisir ... ;-))))

25 septembre 2014 : Vol du Gioberney

je suis dispos et on décide à l’arrache au dernier moment un vol dans le vallon de la Pilatte ; ça fait très longtemps que j’ai envie de m’offrir le décollage du Gioberney ou plutôt du col, le sommet même n’étant pas décolable.

Départ à une heure que je n’ose pas dévoiler tant le coq lui même faisait la gueule en nous voyant passer de si bonne heure.
Arrivée à La Bérarde, on est pas là pour acheter du terrain et on monte comme des balles : on arrive en 2h10 au refuge de la Pilatte. Le spectacle est lumineux, pas un nuage, pas de vent : ça sent bon le vol ;-))))

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Peter devant le cirque de la PIlatte
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Peter en pleine contemplation

On attaque la moraine supérieure et là c’est le drame : j’ai pris de vieilles pompes de montagne inutilisées depuis des années et les deux semelles se décrochent d’un coup.... On a pas encore attaquer le glacier et je me vois mal poursuivre comme ça .

C’est sans compter que je suis parti avec le plus belge des Mac Gyver : Peter a des mètres de suspentes avec lequel on arrive à ficeler les deux semelles tant bien que mal jusqu’au début du glacier ou les crampons finissent d’assujettir les semelles.

On gagne ainsi le col du Gioberney ou le vent est quasi nul, un poil arrière puis léger face au gré des montées thermiques. Au moins je vais redescendre jusqu’au plan du carrelet avec mes semelles aux pieds.. ;-))))

L’installation est des plus simple : on peut mettre 10 voiles de front, orientation est ; la course de décollage est ultra longue avant de plonger vers la Pilatte : autant dire un endroit idéal pour débuter le vol haute montagne.

Peter est prêt, course et ça décolle sur fond de glacier de la PIlatte crevassé. Je m’élance à mon tour et en quelques pas je sais que je vais aussi poser au Carrelet ; j’en profite pour shooter le Peter ; le spectacle du retrait glaciaire est saisissant et il semble évident, à moins d’un miracle qu’il n’y aura plus de glacier sous 3000m d’ici peu...

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Décollage de Peter face au cirque de la Pilatte

Le vol est contemplatif, ultra lissé et on ne se prive pas d’admirer les austères face nord déjà dans le sombre hiver tandis que les faces sud sont richement éclairées.

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Peter sur fond de sérac.

Le poser au carrelet demande un peu d’attention, il y a quelques blocs et malgré le soleil, la brise descend encore, alimenté par le vallon des Rouies qui reste à l’ombre.

Posé sans souci pour tous les deux, souci pour les semelles qui estiment qu’elles ont fait plus que leurs devoirs et s’arrachent définitivement. La descente se fait donc sur le fond de pompe bien lisse mais bien isolant.

Fin de l’acte 1

28 octobre 2014 : acte 2 Vol de la Grande Tête de l’Obiou

L’ami Phiphi Bensa a parfois des idées fixes qui tournent à l’obsession pour le plaisir de l’entourage proche ; depuis quelques années le décollage du sommet de l’Obiou devient son objectif n°1 ; il est vrai que ce sommet emblématique du Dévoluy attire l’oeil de tout Grenoblois qui se respecte : un sommet tortueux, a l’accès détourné et sinueux.

Du reste les pré requis pour décoller de ce sommet fait de blocs enchevêtrés : pas de vent ou léger sud-est à sud -ouest.
Depuis deux mois on guette en fonction de nos dispos les conditions de vent à 3000m : un coup c’est trop fort, un coup c’est faible mais nord et le déco nord c’est comment dire ...oupsss descendez, on vous demande...bref rien d’évident.

Et puis le 28 octobre, tout le monde est libre et depuis quelques jours le vent semble dans la bonne direction et pas trop fort le matin simplement.

On prend presque les mêmes, l’annonce sur la mailing list n’ayant pas déchainer les vocations, Philippe, Peter et votre scribe.

Une fois encore le coq nous voit passer à une heure qui lui laisse à penser qu’il va bientôt pointer au chomage pour son boulot de reveiller l’entourage.

6h45 on est à l’attaque sous le col des Faysses pour 1300 m de montée ; le jour n’est pas encore levé et les couleurs sur le sommet sont juste éblouissante.

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lever de soleil sur le plateau de Bure
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Noir et Blanc vers le plateau de Bure
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Au pied de la face nord de l’Obiou.

La montée est efficace, contourne le sommet par le nord avant de revenir plein sud par une trace dans les éboulis : on débouche entre le petit et le grand Obiou ;
Là un véritable aéroport permet de décoller si le vent est trop fort au sommet dans des conditions optimales de sécurité.
Nous poursuivons notre chemin vers le haut grace une cheminement astucieux en face sud( on évite la voie des chatières à cause des sacs) et après quelques points de vue imprenables sur le dévoluy, nous voilà au sommet ou nous attend une brise sud est thermique idéale.

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Vue du sommet.

Si le sommet est un véritable tas de cailloux, deux endroits ont été aménagés pour éviter de trop accrocher les suspentes : un en orientation sud , l’autre plus sud-est.
Nous portons notre dévolu sur le sud-est. Philippe se porte volontaire pour décoller en premier et poser au col des Faysses, merci à lui, ça nous évite une rotation de 700m de dénivelée.
Avec Peter, nous irons donc poser à coté du lac du Sautet.

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Le déco est assez spécial : il ne faut pas accrocher de suspente, puis courrir sur un terrain accidenté assez plat ou la voile prend tout juste en charge puis 300m de falaise.... Autant dire que la voile doit être parfaitement au dessus de la tête.

Philippe s’élance, la golden prend bien en charge, c’est alimenté comme il faut et ça décolle au dessus du trou... huuuuurlement du Fifi qui concrétise son vol fétiche !!

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Philippe file vers Bure.

Peter s’élance à son tour, loupe un déco à cause de suspentes qui s’accrochent, du terrain miné.. On ré-installe tout et la deuxième sera la bonne avec pareil, déco à la falaise....

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Peter au dessu du Petit Obiou.

Je m’équipe avec l’ultralite : je ne déplie que les 4 caissons centraux, démêle les freins des c et laisse le reste en l’état. Du coup les suspentes ne sont pas étalées partout, le risque d’accrochage est plus faible.

Effectivement, face voile aucun accrochage et je cours vers la falaise ou je me prends un bon coup de pied au cul à son franchissement.

Là le spectacle minéral est saisissant ; vu d’en haut, on se croit sur Mars : du rocher partout, jaune de préférence... Le passage au ras des falaises du Grand Obiou et Petit Obiou est magique, déjà thermique pour prolonger le vol...

Le vol est bien à la hauteur de l’attente qu’on a su y placer.

Philippe pose au col tandis qu’avec Peter on tire un grand glide jusqu’au lac....

Encore une journée pas facile qu’on finira à la dent de Crolles, enfin sous le sommet car le vent était trop fort en haut.

Fin de l’acte 2.

1 novembre 2014 : acte 3 vol de la grande Ruine en Oisans.

Fabrice projette de voler du Mont Blanc le vendredi ; pas dispos ; par contre tout le we libre et célibataire.
J’appelle quelques brutes du club pour une montée en refuge le vendredi soir de nuit après le boulot : sont dispos Peter, Antoine te L’immense Jean Pierre Simorre avec lequel je dois bien voler tous les deux ans mais pour de belles réalisations.

La météo annonce un vent faible de Sud Ouest à 3500m sur les Ecrins et après consultation de notre expert Eric B. nous poursuivons donc notre objectif : La Grande Ruine.

Fin de taf à 19h, départ de Grenoble à 20h, arrivée au refuge de l’Alpe de Villard d’arène à 23h. Le refuge d’hiver est ouvert avec des couvertures, on a monté les duvets pour rien ; tant pis on les laissera en contrebas pour ne pas les monter au sommet.

Nuit moyen bof, froide, pas assez de couvertures ; départ à 5h sans avoir trop dormi mais la motivation est intacte ; on descend d’abord vers Valfourche avant de rejoindre la montée directe au refuge Adèle Planchard.

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Montée sur fond de couloir nord de roche faurio.
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Bientôt au refuge du Pavé.

il fait très beau et chaud au soleil. Au refuge on voit bien le parcours glaciaire aisée pour éviter les plus grosses crevasses. On passe donc rive droite ou on s’encorde te on mets les crampons.

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Montée sur le glacier de la grande ruine

La montée à 3500m est simple, quelques belles crevasses bien profondes ne nous font pas regretter la corde et c’est sans encombre que nous atteignons un bout de replat à 3500m ; le vent est idéal de nul à10 km/h de face plein sud. Ca jubile mais on se prépare tout de même immédiatement. En haute montagne, il ne faut globalement pas trop trainer et quand les conditions sont bonnes on y va.....

Jean Pierre, Peter et Antoine s’installent tandis que je shoote les préparatifs. Le spectacle est à couper le souffle, face aux austères face nord de Roche Faurio, face à la barre des Ecrins...

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Au déco.
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Antoine est le premier à s’élancer mais Jean Pierre qui voulait décoller en premier lui aurait soi-disant fait une grosse boucle avec les suspentes...
Ce sera donc jean Pierre qui décollera en premier en survolant les quelques trous devant la couse d’envol ;

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Jean Pierre S’envole.

Puis Peter s’envole,( noter au passage comme ce garçon n’a pas une vie facile....).

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Peter vole.

Antoine nous rate encore un déco, cette fois c’est une sombre histoire de commande de frein qui aurait disparu..
La troisième tentative sera la bonne et l’Antoine nous gratifie de beaux wagas du plus bel effet face aux Ecrins....

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Antoine file à la Barre.
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Les facéties d’Antoine.

Je suis tout seul en haut, 0 stress, conditions toujours idéales, ça va le faire. Je me prépare tranquillement, contemple ce paysage en sachant déjà que dans 2 jours ce ra sous la neige...

2 pas et ça vole : spectacle à la hauteur des efforts fournis ; thermiques au dessus du refuge, il est 11 h ; puis je reprends 100m sur une arête sud qui mène à la Grande Ruine. Antoine est au dessous ; j’en profite pour shooter.

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Antoine vers l’attéro dans les couleurs d’automne.

Un des plus beaux vols des Ecrins qui permet de passer au pied de la Meije en plus.

Le reste du vol n’est que contemplation, avec un poser dans la brise descendante du vallon du Pavé.

Nous exultons tous les 4 de ce moment éphémère volé au temps. C’est si rare de pouvoir voler à de telles altitudes qu’ on arrive à oublier que ça aurait été encore mieux avec de vrais amis.. ; ;-)))))

Fin de l’acte 3.

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